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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 08:33

09-04-30-091bis

Bonjour à tous !!!

 

Il va faire beau, l’air est frais ce matin, je crois que nous allons avoir une belle journée !

Pour nous ce sera la « corvée » du ravitaillement. Corvée n’exagérons pas, il y a pire que cela tout de même ! Et nous serons contents de rentrer des victuailles au Fort du Rio !

Mais je vous mets de la lecture, c’est une histoire vraie, je connais cet oiseau et je l’aime pour sa gentillesse et son grand courage.

 

Va, mon bel oiseau….

C’était un pauvre oiseau tombé du nid trop tôt.

Ceux du même âge étaient partis et il a voulu faire comme eux, mais lui n’était pas suffisamment mûr pour l’aventure. Petit il avait été meurtri par un sale type qui l’avait attrapé et tripoté après l’avoir humilié et l’avait relâché dans la nature en bien piteux état. Notre oiseau avait fui, droit devant lui, sans savoir où aller, sans oser retourner vers le nid, se sentant sale, stupide, ignorant, aveuglé par son chagrin et sa honte…

Il ne volait pas. Il rampait sous les arbres, se cachant dans les feuilles, se nourrissant de ce qu’il pouvait attraper.

Il rencontrait parfois des paumés comme lui, alors ils s’agglutinaient un moment, histoire de se donner l’illusion de famille, de protection, d’amitié…Mais cela ne durait pas, chacun finissait par aller voir plus loin…Chacun de son côté, sans but…

Notre volatile était gentil, n’avait pas de colère ni de méchanceté en lui. Il aimait la nature et rêvait souvent d’un monde tendre, de l’aile douce de sa mère…

Un jour, un de ces malheureux errants lui offrit des petites graines qui devaient lui donner des forces. Notre oiseau fut ravi du résultat ! Il n’avait plus mal nulle part ! Miracle ! Il était détendu et riait de tout, plus rien n’avait d’importance ! Il n’avait même plus envie de chercher une solution, c’était « trop bon » comme il disait à tout moment !

Au bout de quelques jours, un autre, un certain soir, lui proposa d’autres graines qu’il s’empressa d’essayer… Leur pouvoir était phénoménal. Non seulement il se sentait bien mais il découvrait un monde fantastique. Avec sa nature d’artiste il découvrit des volutes et des danses de formes et de couleurs qui s’enroulaient dans la fumée et faisaient vivre un monde magique plus grandiose encore que ce qu’il pouvait imaginer. Seulement le lendemain au réveil, il se senti horriblement mal. Son camarade lui dit : « Ne t’inquiète pas, c’est normal, tiens reprends quelques graines et ça passera… » Et cela passa en effet mais le reconduisit dans la même aberration… Folie dont il ne put se défaire…

Il erra ainsi pendant des semaines aux chants des sirènes et dans les images enivrantes, sans pouvoir décider de quoi que ce soit, sans savoir où aller, prêt à n’importe quoi contre sa volonté pour ne pas retrouver la souffrance du lendemain…Chaque jour un seul objectif : cette quête stérile pour trouver des graines qui pourraient le soulager de cette torture du corps et de l’âme. Il acceptait n’importe quelle contrainte pour pouvoir trouver ce secours à sa souffrance et malgré tout restait toujours aussi courageux et digne qu’il le pouvait dans les moments de clarté.

La maman oiseau pendant ce temps cherchait son petit dont elle n’avait pas de nouvelles et quel ne fut l’effondrement de son cœur quand elle l’eut retrouvé, déformé, sale, meurtri au plus profond de lui-même…

Pour le faire revenir près d’elle, il n’y eut qu’un argument qui put toucher le cœur encore oisillon qui n’avait pas été altéré chez son rejeton : « Je suis vieille et malade, j’ai besoin de toi »…

L’oiseau était bon et brave. Il  suivit sa mère jusqu’au nid où là ils vécurent des jours de lutte, chacun essayant de survivre dans des conditions impensables. Il y eut des cris, des injures, des embrassades dans les larmes, des promesses non tenues, des pardons accordés et encore, et encore…

Il soigna sa mère de son mieux avec tendresse. Elle surveillait de très près l’avancée de la guérison de son fils en le tenant serré même quand elle aurait aimé pouvoir tout abandonner. Ils luttèrent l’un contre l’autre, l’un pour l’autre, l’un avec l’autre…

Lentement, progressivement l’oiseau pu se passer de ses graines qu’il n’arrivait d’ailleurs plus à se procurer. Il n’était plus que la moitié de lui-même, vieilli avant l’âge et tellement dégouté de ce qu’il faisait subir à sa mère a qui enfin il expliqua ce qu’il lui était arrivé étant jeune. Sa maman éperdue lui expliqua longuement qu’il n’avait pas à avoir honte, qu’il n’avait été qu’un enfant, que l’homme était coupable mais pas lui ! Et que tout ce qui avait suivi en était la conséquence. Chaque jour elle enfonça comme un clou de vérité dans la tête de son petit « tu n’as pas à avoir honte de toi, ce n’est pas ta faute, tu es  aussi bon, intelligent et droit qu’on peut l’être, tu as le droit de vivre ! » Jour après jour elle remonta la confiance de son petit et quand celui-ci fut enfin assez fort pour se défendre lui-même et construire une vie d’oiseau digne, ils décidèrent de passer une soirée de fête tous les deux. Oh ils ne possédaient rien, ni l’un ni l’autre, pour faire quelque chose de grandiose ! Mais ils allèrent ensemble en haut de la colline.

Sur la route ils cueillirent quelques sauterelles craquantes qui croquèrent en pépiant et riant comme des enfants innocents et complices. Ils grimpèrent en haut du grand chêne qui dominait le paysage, le jeune aidant sa mère qui avait maintenant bien du mal avec ses pattes usées. Et là, tous les deux s’installèrent face à l’immensité de l’horizon, dans la paix du soir qui descendait doucement après avoir teinté les prairies d’ocre et de rose… Ils ne virent pas la nuit descendre alors qu’ ils se rappelaient mutuellement les souvenirs d’enfance de l’oiseau et de ses frères et sœurs, ils riaient doucement, tendrement en se rappelant des bêtises d’enfants et heureux, et en paix ils se dirent au revoir pour  enfin s’endormir l’un contre l’autre dans la chaleur du giron maternel.

Au matin, la maman oiseau ne se réveilla pas. Son fils cria sa peine du haut du chêne et tous jusque dans la vallée en eurent le cœur retourné ! Il se sentait perdu, éperdu, ne sachant plus que faire….

Le Hibou, sage comme toujours, vint le voir bien que le jour fut à se lever…

-« Ta maman a fait ce qu’elle devait, elle a fini son ouvrage, elle devait partir et tout ce que tu peux faire c’est te réjouir car elle ne souffre plus et elle est partie fière d’avoir achevé sa tâche, fière de ce que tu es devenu. Maintenant tu es un oiseau adulte et responsable et tu as enfin tout ce qu’il faut pour faire ta vie avec dignité et courage et tu le dois en reconnaissance à ta maman et à sa souffrance pour toi. »

 

L’Oiseau prit une longue journée et une nuit blanche  pour bien comprendre tout cela et réaliser que le Hibou avait raison.

Il calcula qu’il n’était pas encore si vieux qu’il ne puisse réaliser ses rêves, trouver un endroit qui lui plaise, une oiselle, et bâtir un nid pour eux…Peut-être même avoir un oisillon ? Il aimait les petits et il lui apprendrait à se méfier, car lui maintenant il savait les dangers du monde qui l’entourait et il était assez fort pour le défendre..

 

Alors il se releva, regarda une dernière fois l’endroit où sa mère et lui furent tellement heureux au final, glissa une de ses plumes contre son cœur, puis il grimpa tout au fait de l’arbre, tout au bout de la branche, il ouvrit largement ses ailes qui ne tremblaient plus et il se jeta dans le vide pour monter plus haut dans le ciel de juin. Il rétablit son horizontale à petits coups d’ailes et plana pour garder le cap, droit vers des horizons qui l’avaient toujours attiré, le Colorado avec ses montagnes et ses rivières tumultueuses, ses déserts et ses vertes prairies, là où il avait toujours imaginer avoir un refuge, une famille dans un coin loin du monde des hommes méchants, ou les seuls bruits seraient ceux des oiseaux et des coyotes, où règneraient le vent, la pluie et le soleil, où il pourrait trouver la paix et le bonheur….

Je le lui souhaite de tout mon cœur. Va mon bel oiseau, tu es enfin LIBRE !!!!

Hélène PORCHER 17-08-03

 

Je vous souhaite à tous une bonne journée et préparez-vous, demain c’est le week-end !

Avec toute mon affection !!!!

LN


 

 

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commentaires

mésange 04/08/2017 09:41

Bonjour Hélène
J'aime beaucoup cette allégorie qui prouve une fois de plus que le "pardon" (est-ce le mot juste ?) ou la compréhension, la tendresse infinie de la mère amène la rédemption.... Pardonner ne veut pas dire absoudre mais expliquer, amener à une plus juste vision des choses comme vous le dites bien mieux que moi.... Merci pour ce moment de réflexion, de quoi alimenter notre journée encore bien chaude assurément ....
Bonne journée à toutes et tous.

LN 04/08/2017 10:29

Vous le dites aussi bien et...plus court! Ce que je ne sais pas faire ahahah! Merci Mésange!
Je vous souhaite une belle journée et je vous embrasse double pour partager!!!
LN

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