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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 08:33

feuilles de hêtre.

Bonjour les amis !

 

1er novembre… Cela va être très court avant Noël !

 

Ca y est j’ai réussi à écrire cette petite histoire. Désolée c’est un peu long mais je ne saurais faire plus court sans en effacer l’émotion… J’espère que je n’en ai pas trop perdu, de mon émotion, en attendant de pouvoir l’écrire… C’est venu à la suite d’un rêve..

 

TITOM. 1/3

 

-« Qué-qué qu’est-ce que vous fff-faites ?

-« Nous nous préparons pour l’audition du concours de théâtre !!! On t’en a parlé…

-« mo-mo-moi aussi !

-« Voyons Titom, tu sais bien que ce n’est pas possible !

- « Mmais, mais si ! Moi aussi je vvveux qu’on, qu’on me regarde ! qu’on on on m’écoute…

-« Va te regarder dans la glace et parle toi et tu comprendras. Allez va… »

Titom  roule d’une hanche sur l’autre sur ses jambes trop courtes, le front chargé de chagrin et de colère à la fois… Il se replie dans un coin du canapé et cale son cœur lourd entre ses petits bras.

Titom n’est bien sûr pas son nom de l’état civil ! Ses parents, à la naissance, savaient que l’enfant était difforme et resterait petit. Le père n’attendit pas longtemps pour abandonner la mère, l’enfant et sa honte injustifiée, stupide et injuste et partir soigner son égo de mâle reproducteur avec une autre femme afin de pouvoir prouver au monde sa virilité sans faille.

Il est évident que ni la génitrice, ni le géniteur ne sont responsables de cette fatalité qui a touché leurs fils!

La maman était toute tendresse pour ce petit malchanceux et elle l’appelait avec amour mon petit-homme ce qui s’est vite raccourci en Titom.

L’adversité décidemment en voulait à Titom en lui prenant définitivement sa mère lors d’un accident de la circulation alors qu’il avait 6 ans. Ce sont ses deux tantes, l’une divorcée et l’autre célibataire, vivant ensemble, qui ont pris l’enfant en charge avec plus de conscience de leur devoir de charité que de tendresse profonde, mais ne leur jetons pas la pierre, c’était un bel effort et une lourde charge qui évita à l’enfant l’anonymat des centres.

Titom est un jeune homme maintenant avec des tas de problèmes de santé mais, tout estropié qu’il puisse paraître, il a un cœur, une intelligence, une âme et des besoins comme tout le monde !

Il n’est pas allé à l’école, trop de moqueries et de difficultés. L’une des tantes  ayant ses diplômes obtint le droit d’instruire l’enfant à la maison, ce qu’elle fit jusqu’au niveau CM2, de l’école primaire. Ensuite elle ferma les livres en disant « à quoi bon !? » Après avoir envoyé le dossier et une photo jointe au rectorat, Titom fut autorisé à ne pas aller jusqu’aux 16 ans d’études recommandées.

Le garçon regretta, il aimait apprendre, mais la tante, toute consciencieuse qu’elle fut, n’avait pas de patience et cela devenait une corvée pour tous les deux.
Heureusement il y avait les livres. Et Titom qui les aimait pouvait passer des heures à apprendre la vie à travers ses lectures.

Le jeune homme chagrin pensait à tout cela, à sa vie et au peu de possibilités que cela lui offrait. Quel était son destin ? Et surtout quels étaient ses possibilités de choix, lui à qui tout était interdit !

Ne mange pas cela, pense à ton foie ! Ne cours pas pense à ton cœur ! Ne parle pas on va rire de toi ! Ne sors pas, tu nous fais honte !

C’était le pire !

Titom dégringole du canapé et va chiper dans le placard un carré de chocolat interdit. Alors résonne dans sa tête cette blague infâme plusieurs fois entendue et venue d’il ne sait où « Pas de bras-Pas de chocolat » eh bien tant pis pour mon foie, rage t-il.

-« Pourquoi suis-je vivant ? A quoi puis-je servir ? »

Titom voudrait tellement lui aussi montrer qu’il n’est pas un sot et qu’il sait faire des choses ! Mais il est vrai que nul ne prend le temps d’écouter la fin de ses bégaiements. Ils font à Titom un sourire piteux, forcé et tournent la tête vite pour chercher un prétexte afin de lui échapper.

-« Moi aussi j’ai une existence à prouver ! ET je vais vous prouver que j’existe ! »

La colère est parfois bonne conseillère. Titom enfile son manteau, va dans la remise chercher un vieux sac de jute qui avait contenu du blé et part droit devant lui.

A suivre….

 

La neige est partie mais l’eau n’est pas revenue…

J’espère que tout va bien pour chacun de vous et je vous envoie toutes mes amitiés chaleureuses !

LN

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