ttextes , histoires, peintures et photos du quotidien isolé en montagne Correzienne
Bonjour amis fidèles !
Le train est à quai.
La locomotive halète tranquillement en attendant que le chef de gare donne le départ…
Il y a ceux qui descendent avec une croix rouge sur leur veste blanche, qui sont accueillis les bras ouverts par ceux qui les espéraient depuis si longtemps et tous n’ont qu’une hâte, filer vite de là et rentrer à la maison !
Il y a ceux qui partent et sont déjà installés, de profil derrière les fenêtres, le regard vide et sans espoir et ceux qui crispent leurs mâchoires sur leur souffrance…
Et il y a ceux qui, sur le quai, regardent ceux qui s’en vont, le ventre amer et le cœur lourd, faisant des petits signes dérisoires de tendresse qui n’atteignent pas leur but, ceux qui s’en vont sont devenus sourds et indifférents à tout ce qui les entoure….
Alors de temps en temps, ces gens du quai qui ne se connaissent pourtant pas, échangent quelques mots … Ils parlent la même langue de chagrins, d’amour arraché, d’angoisse. Ils sont semblables bien qu’hier ils étaient tellement différents et ignorants des autres…
Le train va partir… Qu’il parte… Bon sang, qu’il parte et que chacun se résigne à ce qu’il ne peut empêcher, noie sa peine dans un ouvrage mécanique et quotidien, les gestes de chaque jour tant de fois répétés, souvent méprisés, et qui, à ces moments-là, nous rendent coupables d’avoir autant de chance de pouvoir les exécuter….
Vite reprendre l’ordinaire :
Un pigeon est venu devant chez nous picorer dans l’herbe. C’est la première fois et souvenez-vous que ceux que nous élevions et avions relâchés parce qu’ils n’étaient pas heureux, sont partis sans même un regard d’adieu.
Intrigués nous lui avons donné un peu de grains et le pigeon, s’il ne se laissait prendre, restait à très courte distance des pas de Michel qui avançait vers lui.
Notre chat est passé, ne lui accordant qu’un regard las, l’oiseau n’a pas bronché,!
-« Mais il n’est pas normal qu’il ne s’envole pas, il doit être blessé ? Et les chats vont l’attraper !!!»
Il ne boîte pas et..AHHH !
Ca y est ! Non, rassurez-vous il vole, il est parti droit là-bas près du poulailler dans le grand chêne ! Tant mieux il pourra sa sauver si les « chats-chassent » ! (J’aime bien dire ça !)
Quelques minutes plus tard nous avons vu passer devant notre porte le chat visiteur tout noir, portant dans sa gueule le pigeon qui trainait sur le sol tellement il était plus gros que le fauve. L’oiseau était inerte. On l’a laissé au chat, on n’a retrouvé que l’arrière et des plumes.
C’est comme ça….
Les arbres roussissent à grande vitesse sur le sommet des monts de la Saulière… C’est doux, c’est calme, c’est beau…
Je vous souhaite à tous une excellente journée, profitez de chaque instant et vous savez que toutes mes amitiés vont vers vous… Merci d’être là !
LN