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ttextes , histoires, peintures et photos du quotidien isolé en montagne Correzienne

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LES COULEURS DU PAON!

Bonjour à tous!

L'automne arrive et c'est le temps d'approcher des cheminées et de raconter des histoires...
Alors en voici une, simplette, mais qui peut vous distraire...Peut-être?!

                                      LES COULEURS DU PAON.

 

 

Alors que le Grand Sculpteur ponçait les derniers animaux de terre et de sable avant de les lâcher dans la nature, deux gros oiseaux étaient à l’écart au bout de l’atelier.

Tous étaient à l’état brut, faits de plumes, d’écailles, de peu mais sans couleur, elle n’était pas encore inventée.

L’artiste ne savait trop s’il devait  garder ces deux dernières sculptures.  

Des gros oiseaux, il en avait déjà faits quelques uns et trouvait qu’après tout c’était quelque peu encombrant. Les petits oiseaux pouvaient au contraire se disperser plus facilement sans trop poser de problèmes.

Les animaux furent mis en liberté, et nos deux oubliés restèrent dans un coin.

         Que pouvaient-ils bien faire dans ce recoin sombre ? Qu’auriez-vous fait vous-mêmes , en couple dans cette intimité tranquille ?? Ben, ils ont fait la même chose que vous !

Au bout d’un temps, dix minutes environ, (He oui, pas plus ! Et cela vous fait sourire !) Ces deux là sortirent de leur cachette et mirent la tête dehors.

Quel étonnement ne fut pas le leur !

Tout était paré de couleurs ! Des bleus, des verts, des rouges , des jaunes et des dégradés de toutes nuances !!!

Seuls nos deux oiseaux étaient gris beige de leur terre natale.

Mécontents ils allèrent trouver le Grand Sculpteur !

-         « Comment se fait-il que nous soyons à l’état brut et non parés comme les autres animaux ?

-         Mais où étiez-vous tous les deux quand le coloriste est venu ? Je ne vous ai pas vus !

-         Nous étions dans le coin en attente, vous aviez dit…

-         Mais que faisiez –vous ?

-         Vous avez dit de « multiplier » alors…On vous a obéi !

-         Vous auriez pu attendre ! Bon. Mais moi je ne peux plus rien pour vous et je sais que le coloriste n’a plus de peinture !

-         Vous n’allez pas nous laisser ainsi ?

-         Puisque vous vous souvenez des petites phrases, il est dit aussi « Aidez-vous et le ciel vous aidera ! » Alors commencez par vous prendre par la patte et aller voir si quelqu’un aurait un reste de couleur non utilisée…

-         Mais ma compagne ne peut pas ! Elle doit rester sur ses œufs !

-         Dites –moi, vous n’avez pas perdu de temps tous les deux. Eh bien elle vous attendra. Allez, j’ai du travail. »

 

Nos deux paons, puisqu’ils en sont, têtes basses se réfugièrent sous un bosquet paré de feuilles vert tendre et de fleurs blanches sentant merveilleusement bon.

-« Nous donnerais-tu de la couleur ?

-Heu…Ben non ! Je n’en ai pas trop ! Regarde : mes feuilles sont très claires et les fleurs sont pales, non je ne peux rien pour toi.

-Peux-tu au moins protéger ma compagne le temps que je cherche ailleurs ?

-Oui bien sûr ! Va ! »

 

Notre oiseau embrassa tendrement sa moitié ; sur le bec, dans le cou et…Bon passons cela ne nous regarde pas, après l’avoir installée de son mieux sous les branches, et il partit en chantant tristement une vieille chanson:

-« Adieu ma mie, adieu mon cœur, adieu mon espérance, mais puisqu’il nous faut servir le Roi, à son obéissance… »

 

Léon, puisque c’est son nom, partit donc à l’aventure le long des chemins cahoteux à travers la montagne Corrézienne.

Bien sûr Corrézienne ! N’est-ce pas un des meilleurs endroits où les contes ne surprennent personne ?

Il demanda au ciel un peu de ce joli bleu…

-« Impossible petit, j’ai besoin de toutes mes variations de teintes pour prévenir du temps qu’il fera ! »

Il demanda aux oiseaux s’ils pouvaient avoir la gentillesse de lui donner un peu de leurs merveilleuses teintes, mais

ceux-ci expliquèrent que même s’ils lui donnaient une de leur plume cela n’aurait guère d’effet sur un oiseau si gros et si tristement nu !

Il demanda aux autres animaux et n’eut pas meilleure réponse.

Il finit par demander aux plantes, aux fleurs, mais chacun se persuadait d’avoir juste ce qui lui était nécessaire.

Puis il arriva, découragé, au creux d’un vallon où coulait un maigre ruisseau chahuteur. L’eau l’aspergea gentiment, histoire d’attirer son attention et  avec quelques glouglous lui dit :

-«Moi je ne puis rien te donner car je suis sans couleur, je ne fais que refléter ce qui m’entoure, mais pourquoi ne demandes-tu pas aux sapins ! Il y en a plein, ils sont imprégnés de vert profond, ils peuvent peut-être faire un effort pour toi ! »

 

Après avoir remercié, notre oiseau trottinant sur ses pattes bien fatiguées, s’adressa aux épineux qui faisaient comme une muraille infranchissable et sombre contre le ciel.

-« Bonjour Messieurs les sapins, je suis à la recherche de quelque couleur…

-En effet tu en aurais bien besoin pâlichon!

-Est-ce que vous pourriez m’en donner un peu, s’il vous plait ?

-Hum… »

Se tournant vers ses voisins :

-«  Dites les gars, on lui donne un petit coup… d’aiguille ? Chacun de nous un peu, cela devrait faire son affaire vu le nombre de résineux que nous sommes dans le coin.

-D’accord…D’accord…D’accord répondirent calmement les grands arbres en bougeant doucement leur tête tout là haut. »

Et ainsi fut fait, Le mélèze en donna même plus que les autres c’est pourquoi vous le remarquerez plus clair, et voilà notre Léon devenu vert.

Ce n’était pas terrible, mais c’était mieux que terre crue !

 

Sur le chemin il croisa un champ de chardons dans le creux humide du Rio, ces belles plantes griffues et  dégingandées aux toupets violets comme des têtes de gardes nationaux…

Ceux-ci l’interpelèrent :

-« Hé ! Le sapin qui marche !!

-Je ne suis pas un sapin, je suis un oiseau !

-Un oiseau-sapin sans doute ! Tu manques sérieusement de décor ! Allez les amis nous allons lui donner quelques pétales pour éveiller tout ça.

-Oh merci !!! »

Des flammèches  parme tombèrent un peu sur son plumage, et quelques unes restèrent en équilibre sur sa tête comme une couronne !

 

Léon, à demi satisfait mais le cœur attendri par ce beau geste, remuant fièrement sa tête pour sentir bouger les pétales mauves au-dessus de lui dans un doux chatouillement, revint vers sa compagne en tirant la patte et l’aile lasse.

Approchant de son buisson il aperçut une fouine qui se glissait vers le nid !

-« Malheur ! ‘ s’écria-t-il ! »

N’écoutant que son courage et son amour, il partit d’un grand coup d’aile au secours de sa compagne qui déjà appelait : « Léon !!! Léon !!! » Et il attaqua l’animal du bec et des ongles de toute la force de son désespoir tant et si bien que la cruelle s’enfuit à toutes pattes.

 

Comme ils étaient contents de se retrouver ! Je passe sur les « calinoux » qui deviendraient indiscrets.

Mais sa compagne ne pouvait plus rien dire car elle avait eu si peur, avait crié si fort, qu’elle en avait perdu la voix, voix qu’elle ne retrouverait plus jamais semblable.

 Quand Léon découvrit les petits qui étaient nés entre temps, il n’eut point besoin d’explications et son bonheur aurait pu être complet.

 

Seulement il réalisa que si lui était vert, sa femelle restait grise, et qu’elle se voyait dans l’herbe comme une bouse de vache sur les pâquerettes ! Ses petits également ! Ils étaient en danger !

 

Alors, accompagné de sa petite famille, il retourna chez le Grand Sculpteur à qui il exposa le problème.

-«  Cher Léon, tu as été très courageux et je t’avais dit « aide toi, le ciel t’aidera », alors je vais faire quelque chose pour toi. Je ne peux rien de plus pour la couleur de tes filles. Mais…

Regarde.

Au lieu de trainer ta queue derrière toi, tu vas pouvoir la relever et la déplier en éventail, oui comme cela. Et ainsi tu feras un paravent pour protéger ta famille ! Qu’en penses-tu ?

-Astucieux ! Oui, j’aime bien ! »

Et tout fier il bomba le torse, étala ses plumes en éventail , agita gracieusement sa couronne de chardon pendant que sa compagne et les petits, en riant, allèrent se cacher derrière. Parfait.

-« Merci Monsieur Le Grand Sculpteur, dit le paon en saluant avec reconnaissance.

-Tu sais petit, comme tu es bien gentil, tu vas passer porter ce courrier à mon ami l’arc-en-ciel. Tu veux bien faire cela pour moi ?

-C’est que je suis encore bien fatigué d’un si long voyage, mais.. je vous dois bien ça, d’accord. Merci encore et au revoir ! »

 

Nos oiseaux s’en allèrent, à pied, à pattes voulais-je dire, car les petits ne savaient pas encore voler.

Sur le chemin il se mit à pleuvoir, Oh, juste une petite averse. Les flaques qui se formaient reposaient les doigts de pied échauffées de nos oiseaux.

C’est alors qu’apparut l’Arc-en-ciel devant les yeux émerveillés de nos volatiles ! Que de couleurs éblouissantes et lumineuses !

Léon se souvint qu’il avait une lettre à lui remettre aussi s’envola- t-il après avoir camouflé sa suite familiale dans les grandes herbes fanées et il traversa l’arc–en-ciel …sans trouver personne à la maison !

Que devait-il faire ?

Le petit mot n’était que plié, il l’ouvrit …E t ne vit rien d’écrit…

« Le Grand Sculpteur se sera moqué de moi » pensa-t-il…

Et il redescendit vers les siens, qui, le voyant arriver se mirent à pépier de joie et d’émerveillement car, en traversant le Grand Arc, vous l’avez compris, Léon avait ramassé une poussière de diamants irisé qui, maintenant, scintillait dans le vert de son plumage !

 

Ce n’est qu’une histoire, on n’est pas forcé d’y croire ! Mais si vous avez une meilleure explication pour me dire comment le paon fut créé, je suis prête à vous écouter…heu…A vous lire !!!

 

Hélène PORCHER- 24 septembre 2012

plumes-de-paon-2.JPG

 

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M
Ton image (Peinture ? Dessin ? Composition ?) est très belle ainsi que ton histoire. A lire en effet le soir à la veillée... avec une musique douce.<br /> Bisous,<br /> MLN
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B
Merci pour cette belle histoire, j'avais besoin de rêve ce soir pour chasser mes soucis.. Je vais la faire lire à d'autres car, vraiment, elle m'a enchantée. GB
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